Témoignage d’Emmanuel: Moi et la musique dématérialisée en 10 questions

Afin d’apporter la vision la plus complète possible sur le blog (et donc pas uniquement la mienne !) je lance une série de témoignages sur le blog de personnes ayant franchi avec succès le pas vers la musique dématérialisée !

Aujourd’hui c’est Emmanuel, qui travaille dans le domaine des objets connectés / mobiles qui va nous livrer son expérience à travers 10 questions qui intéresseront ceux qui souhaitent se tourner vers la musique dématérialisée.

  1. Tout d’abord, comment êtes-vous venus à la musique dématérialisée et pourquoi la préférez-vous à la musique sur support physique ?

C’est très simple. Il n’y a rien de plus pénible que d’avoir un lecteur CD qui ne tourne jamais car l’appartement dans lequel nous vivons (Paris) est suffisamment petit pour les CD soient dans une armoire loin du lecteur CD.

Mettre un CD, c’est bon et puis ensuite le second n’arrive pas. Ayant pour des raisons informatiques, un NAS depuis 10 ans++, cela me semblait une bonne option que de stocker la musique de manière centralisée.

musique dématérialisée - CD

Il y a des fois ou l’on aimerait avoir un champs de recherche dans la vraie vie!

L’autre élément, c’était la TV qui était à l’opposé de la chaine hifi et donc impossible à brancher à celle-ci. C’est là que j’ai acheté mon premier DAC (Musical Fidelity M1) qui m’a servi à brancher la TV sur la chaine à travers un câble optique Viablue de 12m pour faire le tour du salon.

A ce moment-là, la TV me servait aussi de lecteur UPnP/DLNA. Après j’ai découvert RaspberryPi, Cubox etc… qui ont donné naissance à toute une série de tuto sur un forum audiophile.

  1. Pouvez-vous décrire votre installation dédiée à la musique dématérialisée ?

J’ai exactement ce que je décris dans les tutos sur le forum :

Un NAS pour le stockage en mode « montage de disque réseau » dans le plus pur style informatique : partage NFS

Un streamer monté à partir d’une carte HummingBoard de Solid-Run. Archlinux anime celle-ci avec MPD. Je sors en USB vers la partie audio.

La partie audio commence par une interface à base de XMOS (WaveIO) pour attaquer 2 DACs montés en Dual Mono – donc un dac par canal – que j’ai assemblé à partir de composants ESS Sabre 9018. J’ai également 4 entrées (2 SPDIF et 2 Optiques 24/192). De là, je sors à travers des transformateurs Sowter (donc sortie passives, sans inclusion de bruit) vers un ampli Classe D en XLR.

Vous l’aurez compris, c’est 100% de l’assemblage DIY. Le streamer et toute la partie DAC sont dans un même boitier pour des raisons évidentes de simplicité et de pilotage (télécommande, affichage du titre en cours, …). La partie Streamer DAC est alimentée par 2 grosses batteries LiFePO4 gérées pour que l’alimentation ne s’arrête jamais (bascule automatique de l’une sur l’autre, rechargement automatique).

De l’ampli, je sors vers 2 enceintes colonne Davis Acoustics.

Pourquoi le DIY ? 3 raisons : A mon arrivée dans le mode hifi, j’ai été très mal conseillé par un petit revendeur spécialisé qui avait décidé de me fourguer une paire de JMR qui ne correspondait pas à mon besoin, pas plus que le DAC proposé.

Ensuite, parce que malgré un budget sympa (1500€) je n’ai jamais pu trouver un ampli qui me convienne en boutique = > ClassDAudio. Enfin, parce que cela m’amuse et qu’au moment où je me suis lancé, je n’ai pas trouvé de matériel (streamer / dac) qui correspondait à mon envie : un ensemble avec des grosses performances audio sous la barre des 1500€.

Sonos par exemple, je n’ai pas accroché par son interface et ses perfs même si je pense sincèrement que c’est une excellent produit.

Et comme j’aime bien partager, il suffit de lire le thread dédié sur le forum audiophile. J’y partage mes trouvailles, le montage, le code Arduino adapté.

  1. Quelles ont été les principales difficultés rencontrées pour votre passage à la musique dématérialisée ?

Pas de difficulté en particulier pour peu que l’on ait la patience de se renseigner, un peu de culture technique et que l’on parle un peu anglais (quoique). Et puis, un simple iPod branché à la chaine hifi, est une forme classique de dématérialisation accessible à tous !

Les formats audio, c’est simple et il ne faut pas se prendre la tête dessus. On a un existant que l’on pourra toujours faire évoluer à son rythme.

Se lancer dans le DIY, passionnant, mais je ne le conseille pas à tous. C’est long, un peu cher et contraignant. Faut y trouver un plaisir personnel. Sinon, c’est la catastrophe.

Un seul conseil : rester patient pour se renseigner. Les vendeurs ne sont pas toujours du meilleur conseil. Préférez ceux qui écoutent, proposent de tester, prennent leur temps et laissent des choix ouverts. Internet est une superbe source d’information mais attention aux « trop grandes gueules » qui affirment et puis c’est tout.

  1. Parlez-nous de votre musique, à quoi ressemble votre bibliothèque ?

MPD me dit 179 artistes, 620 albums, 8282 titres. Les origines sont très variées du RIP de CD physique au téléchargement Qobuz.

Principalement du MP3 et du FLAC de 16/44.1/256Kbps pour certains MP3 à 24/192/3800Kbps pour d’autres en FLAC. Environ 400 Go sur le NAS.

Genre ? Plutôt rock, rock alternatif, mais j’ai aussi toutes les sonates de Chopin ou un peu de trip-hop

  1. Quels programmes utilisez-vous pour tagger vos fichiers, rechercher les couvertures d’album?

Je travaille sur Windows donc c’est Metatogger.

  1. Quelle stratégie de sauvegarde & organisation de fichiers employez-vous ?

J’ai un NAS en RAID 1 pour le côté mirroir de 2 disques. En cas de panne de l’un des deux, les données restent disponibles et cela laisse un peu de temps pour réagir. J’ai en plus une copie automatique des données sur un disque USB qui est juste à côté.

musique dématérialisée - NAS

Le Synology DS215j : un très bon NAS à un prix compétitif

Pour ceux qui veulent une sécurité « ceinture / bretelles / ballon dirigeable », il faut un peu plus de matos : 2 NAS de marques différentes avec des disques de marque différentes. Les NAS sont sur des sites physiques différents et toujours en synchro par des mécaniques biens rodées.

Le classement est simple : Artiste / album / titres.

  1. Comment écoutez-vous généralement votre musique ?

J’écoute dans mon salon sur le système décrit plus haut, dans la voiture (suis en train de voir pour améliorer l’ensemble en installant un MPD qui diffuse en Bluetooth sur le système audio de la voiture) et au bureau au casque, connecté à mon NAS.

  1. Pensez-vous que le streaming soit l’avenir de la musique dématérialisée ?

Pour avoir travaillé de 2004 à 2007 dans la musique en ligne (premiers services de téléchargement sur mobile en Europe), je pense que le streaming est une bonne alternative.

Ceci étant, le marché de la musique va mal à cause de la très mauvaise gestion et remise en cause des rentes (maisons disque, sociétés de droits d’auteur, …)

Ces acteurs ont encore la capacité à scier la branche sur laquelle ils sont assis et à entrainer beaucoup d’artistes avec eux. Artistes, essayez de suivre autant que possible l’exemple de Thom Yorke !

  1. Etes-vous un « exclusif » de la musique dématérialisée ou avez-vous également des installations plus traditionnelles ?

Exclusif. Je n’ai pas la surface pour empiler les appareils comme dans les années 80.

  1. Quels arguments utiliseriez-vous pour convaincre un sceptique de l’intérêt de la musique dématérialisée ?

Se battre contre la technologie est inutile elle avance et n’attends pas de la même manière que a société. Garder un peu de distance permet d’éviter les querelles de chapelle (truc est mieux que machin et pis c’est tout) et surtout permet de profiter du plaisir d’un vinyle si l’on aime cela !

La musique dématérialisée, c’est juste remettre la musique au centre du débat par la facilité de mise en œuvre, l’expérience utilisateur, les capacités de partage.

Facilité, pensez iPod

Partage, pensez streaming Bluetooth depuis un mobile entre copains lors d’une soirée

Expérience utilisateur : pilotez tout du bout des doigts depuis votre mobile et partager l’ensemble dans plusieurs pièces de la maison.

1 Response

  1. zouzou29 dit :

    Désolé, tu tentes de comparer l’incomparable c’est un non sens total. Pour le fun, dans le feu d’action, je te répondrais volontiers ma Thorens MK 240 avec son Ortofon OM30. A froid, mon Zx2 avec son MDR-1A.
    Plus sérieusement, tu essaies de comparer en valeurs absolues des choses qui n’ont rien à voir, je m’explique : tu tentes de comparer un bon 180 g. première pression avec un 24 bits dématérialisé ? T’as tout faux…. C’est incomparable, c’est pas le même fun… Achète des vrais 24 bits, chez Qobuz (je mets un seul bémol, différence entre un 24/44,1 et un 24/96 et au-delà ? Ouf… Faut être réaliste,différence inaudible sauf que…
    Exemple concret, un album que je connais archi par coeur, « des roses et des orties » de Cabrel en vinyl 180 g. dans les conditions exposées vs « des roses et des orties » en dématérialisé 24/96 by Qobuz… J’air redécouvert l’album, vraiment.

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